L'ombre de ce que nous avons été, Luis Sépulveda ****

Publié le par les nanas givrees

 

L’Ombre de ce que nous avons été

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 de Luis Sépulveda
éditions : Points
Commentaire de Fabienne :
Inutile de préciser que j'aime Luis Sépulveda ! Je le lis avec la nostalgie du continent sud-américain qui m'est cher, je le lis avec la curiosité de celle qui veut mieux appréhender cette culture, la pénétrer pour mieux m'en nourrir, je le lis avec l'amour de cette écriture propre à Luis Sépulveda mais aussi caractéristique des auteurs de ce continent. Mélange de profondeur, naïveté, douleur, croyance ésothérique, pauvreté,  fierté et humilité, chaleur et tension, Histoire complexe et traumatisante, colonialisme, dictature, ....
Tout un univers qui me touche, me transporte, me fait réver, compatir, espérer !

Propos et commentaires de Mélanie Carpentier (evene.fr)

L’histoire officielle et celle racontée par l'écrivain ne coïncident que rarement. Alors pour soigner l’amnésie, Sepulveda prescrit le devoir de mémoire. Dans ‘L’Ombre de ce que nous avons été’, il nous emmène sur les traces vacillantes d’une bande d’anarchistes piquants et attachants. Fuyant tout élan mélancolique, il mêle à l’envi le grotesque et la simplicité, l’histoire et les petites coïncidences de la vie. L’occasion d’accuser les Nord-Américains d’avoir donné "un chèque en blanc pour couler le pays" et de peindre Santiago, cette ville "couverte de cicatrices". Maître de la métaphore improbable, du clin d’oeil burlesque et des rebondissements loufoques, Sepulveda revisite l’Histoire pour partager la vision et les émotions des perdants. Car ses personnages sont sur les rivages de la vie et discutent de leurs échecs avec tout ce que cela implique d’ironie, de distanciation et d’intelligence. En donnant la parole à ces héros des luttes et de l’exil, il témoigne d’une période noire de son pays : celle de la dictature de Pinochet qui, si elle a volé la jeunesse d’un peuple, n’est jamais parvenue à l’empêcher de chanter l’avenir. La plume aiguisée et l’argot mordant, l’auteur du ‘Vieux qui lisait des romans d’amour’ règle ses comptes avec la société chilienne et invite à reconsidérer souvenirs et comportements. Ce petit bijou de concision pourrait parfois perdre le lecteur dans un flot de références historiques, s’il n’était pas, à chaque page, rattrapé par cette histoire d’êtres ordinaires dont les frasques et les propos sont un savant mélange de poésie, d’absurdités et d’engagement.
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Publié dans Litterature Roman

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