Le dîner, Herman Koch ***
de Herman Koch
édition: Belfond
Résumé : ( quatrième de couverture )
Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam.
Hors-d' oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire.
Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne.
Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants.
Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe.
Un café, un digestif, l'addition.
Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?
Hors-d' oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire.
Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne.
Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants.
Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe.
Un café, un digestif, l'addition.
Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?
Commentaire de Fabienne :
Il y a dans ce roman plusieurs dualités.
Le narrateur, Paul,nous raconte le déroulement de ce dîner dans un restaurant branché, avec son épouse Claire, son frère Serges, homme politique destiné à être le prochain premier ministre des Pays Bas accompagné de Babette, son épouse dévouée.
Le récit va ausciller régulièrement entre présent et passé.
Par ailleurs, lors de ce dîner, la conversation va passer des mondanités et autres banalités de la vie courante: dernier film vu, dernieres vacances, ... à la raison principale de cette réunion.
La raison principale de ce dîner est de savoir ce qu'il convient de faire face au crime commis par les fils de chacun des deux couples. Les deux cousins germains âgés de 15 ans, ont tué une sans-abri en rentrant d'une soirée aprés l'avoir insultée, frappée et enfin immolée. Pour le moment la police ignore qui sont les auteurs, les images du crime prises par une caméra vidéo de surveillance ne montrent pas les visages des deux adolescents, mais le frère adoptif ( fils de Serges et Babette ) a été témoin de la scène.
Donc on passe de la légèreté à la gravité des actes commis par les adolescents, mais aussi la gravité des décisions à prendre.
Les deux couples ne sont pas du tout d'accord sur la suite a donné à cette affaire, et si Serges et Babette ont décidé d'agir, ce qui suppose que tous seront touchés par cette décision. Paul et Claire considérant que les actes commis ne sont pas graves vont tout tenter pour dissuader Serges d'agir. Tout tenter !
Herman Koch dans ce roman nous incite à réfléchir sur ce que nous sommes capables de faire pour protéger nos enfants, et c'est vrai qu'il nous présente deux types de comportement complêtement opposés.
Paul le narrateur, est en ce sens, une sorte d'extrémiste, à plusieurs reprises dans son passé il s'est montré très violent quand il a fallu défendre son fils allant jusqu'aux coups et blessures, y compris quand son fils était en tort.
Voilà un roman qui me laisse perplexe !
Si Serges se montre finalement droit face aux valeurs morales et humaines communement admises, Paul perd toute notion de justice, de respect de son prochain quand il s'agit de protéger les siens et lui-même.
Alors, je suis restée très mal à l'aise jusqu'au bout de ce roman, car généralement on a tendance à se placer du côté du narrateur d'un roman, l'emploi du "je" nous impliquant encore plus fortement.
Très mal à l'aise, car le narrateur nous impose ainsi ses préjugés xénophobes, racistes, voire faschistes qui s'illustrent dans la manière qu'il a de défendre son fils mais aussi dans d'autres évènements de sa vie.
Jusqu'au bout, j'ai espéré un revirement de comportement pour ne pas avoir à partager, sous la contrainte littéraire, ses opinions qui sont très loin de mes convictions. C'est d'autant plus génant qu'on ne peut occulter le fait qu'il y a derriere : un auteur et qu'on finit par se demander s'il partage les opinions de son "héros", tellement il nous impose ce point de vue.
Et donc la fin me laisse elle aussi, mal à l'aise, je ne vous en dis pas trop pour ne pas tout dévoiler.
Je ne suis pas une extrémiste des "happy ends" mais là, il s'agit pour moi des valeurs fondamentales de l'humanité telle que je la conçois et j'ai vraiment du mal à "accepter" que ces valeurs ne triomphent pas au final !
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